NUMÉRO 176 / AVRIL 13

Crise morale : l'antidote municipal

près le séisme démocratique de ces dernières semaines, plus personne ne peut nier que la République est ébranlée, sauf à reconsidérer que l'État n'en est pas le seul garant. Car il serait grand temps de l'admettre, la crédibilité de la politique pourrait reposer davantage sur la reconnaissance des édiles locaux(1). En effet, c'est seulement dans la proximité que l'on peut encore mesurer l'impact de la décision publique sur le vivre-ensemble, grâce à la préservation du lien entre responsables locaux et réalités du quotidien. Ce qui au demeurant m'a toujours conduit à considérer que la critique du cumul des mandats est davantage fondée sur des préoccupations populistes que démocratiques.

Les prochaines élections municipales pourraient donc constituer une occasion inespérée de donner un souffle nouveau au pacte républicain, si les futurs candidats décidaient de mettre au cœur de leurs programmes des projets assis sur une toute autre manière de voir notre pays : des aînés qui pourraient massivement se mobiliser pour compléter l'éducation des plus jeunes dans les écoles, les collèges et les quartiers ; des habitants qui considèreraient leurs voisins comme le premier maillon d'une chaîne d'entraide ; des jeunes qui pourraient faire de leur diversité un atout pour le développement des territoires.

C'est l'objectif des prochaines Rencontres nationales de l'Odas à Marseille les 1er et 2 juillet (voir programme jeté dans ce numéro) que de contribuer à ce sursaut républicain, en privilégiant la démonstration sur la communication, non seulement sur le terrain du fond mais aussi de la forme. Car gouverner ce n'est pas seulement décider, mais c'est le faire avec les autres (voir Dossier page 21).

Jean-Louis Sanchez

(1) Voir en ce sens mon auvrage intitulé “La République des maires. Le vivre-ensemble à l'épreuve de la crise”, L'Harmattan, 2008.

ÉDITORIAL

ACTUALITÉ
LE MOIS DU SOCIAL
Acte III de la décentralisation : Trois contre un • Complémentaire santé : Lourd coût pour le contribuable • Enfants placés : Les familles pénalisées ? • Administration : Un "choc de simplification" virtuel ? • Fonction publique : En quête de moralisation • Pôle emploi : Des indus indésirables • Territoire et populations : Mauvais air de Valls pour les Roms • Mouvement de troupes • Chiffre du mois • Carton vert • Carton rouge

L’invité du mois
Jean-Pierre Le Goff, philosophe, sociologue et écrivain

SOCIALEMENT INDISCRET

L’ENVERS?DU?DéCOR
L’information préoccupante, éteignoir de la préoccupation ?

Social sans frontières


DOSSIER
Participation : L’autre voie contre la crise morale

EXPÉRIENCES

ACTU DES RÉGIONS

Les bonnes pratiques d’apriles
Renaissance d’un quartier : mission possible
Petite enfance : accueillir les enfants, mais en accompagnant les parents

L’AUTONOMIE EN ACTIONS
Codage des pathologies et déficiences :
Parce que les MDPH peuvent être des observatoires…

REPÈRES
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BIBLIOGRAPHIE

FRATERNITÉ

LE JOURNAL DES RÉSEAUX
Aider l’autre à prendre son avenir en main

OFFRES D’EMPLOI

Participation : L’autre voie contre la crise morale

À l’heure où la confiance envers la classe politique est au plus bas, il devient plus que jamais nécessaire de redonner toute leur place aux citoyens dans le débat public. Dans ce cadre, miser sur la démocratie participative semble pouvoir constituer une piste décisive. À condition toutefois de savoir dépasser le stade de la simple apparence en osant mettre en œuvre de réelles transformations.