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Crise morale : l'antidote municipal
près le séisme démocratique de ces dernières semaines, plus personne ne peut nier que la République est ébranlée, sauf à reconsidérer que l'État n'en est pas le seul garant. Car il serait grand temps de l'admettre, la crédibilité de la politique pourrait reposer davantage sur la reconnaissance des édiles locaux(1). En effet, c'est seulement dans la proximité que l'on peut encore mesurer l'impact de la décision publique sur le vivre-ensemble, grâce à la préservation du lien entre responsables locaux et réalités du quotidien. Ce qui au demeurant m'a toujours conduit à considérer que la critique du cumul des mandats est davantage fondée sur des préoccupations populistes que démocratiques.
Les prochaines élections municipales pourraient donc constituer une occasion inespérée de donner un souffle nouveau au pacte républicain, si les futurs candidats décidaient de mettre au cœur de leurs programmes des projets assis sur une toute autre manière de voir notre pays : des aînés qui pourraient massivement se mobiliser pour compléter l'éducation des plus jeunes dans les écoles, les collèges et les quartiers ; des habitants qui considèreraient leurs voisins comme le premier maillon d'une chaîne d'entraide ; des jeunes qui pourraient faire de leur diversité un atout pour le développement des territoires.
C'est l'objectif des prochaines Rencontres nationales de l'Odas à Marseille les 1er et 2 juillet (voir programme jeté dans ce numéro) que de contribuer à ce sursaut républicain, en privilégiant la démonstration sur la communication, non seulement sur le terrain du fond mais aussi de la forme. Car gouverner ce n'est pas seulement décider, mais c'est le faire avec les autres (voir Dossier page 21).
Jean-Louis Sanchez
(1) Voir en ce sens mon auvrage intitulé “La République des maires. Le vivre-ensemble à l'épreuve de la crise”, L'Harmattan, 2008. |