NUMÉRO 163 / JANVIER 12

2012 : la fin d’un monde

Cette nouvelle année ne verra pas comme le prévoyaient les Mayas la fin du monde, mais il n’est pas exclu que ce soit bien la fin d’un monde, le nôtre dans sa configuration actuelle.
Le déclin de notre crédibilité financière confirmé par la perte du triple A est en effet, quoi que l’on pense des agences de notation, le reflet d’un déficit de gouvernance qui ne date pas d’aujourd’hui.
En effet, alors que la dette publique représentait 20% du PIB dans les années 70, elle atteindra 87% en 2012. Et non pas parce que les prélèvements obligatoires ont baissé – ils sont passés pour la même période de 37% à plus de 45% aujourd’hui – mais bien parce qu’aucune balise n’a été dressée face à la progression de la dépense publique. Ainsi, alors que celle-ci ne représentait que 35% du PIB au début des années 60, elle se rapproche aujourd’hui des 56%. Et, il faut le relever avec force, pour mettre fin aux discours populistes, cette situation n’a rien d’inavouable, car c’est la protection sociale qui pèse de plus en plus dans la dépense publique.
Très concrètement, sa part n’a cessé de croître depuis 1970, pour représenter aujourd’hui près de 45% auquel il conviendrait d’ajouter les dépenses de santé, soit, en tout, 60% de la dépense publique. Le vrai débat est donc bien là : comment maintenir notre système de solidarité en cessant de le financer à crédit. Il faut donc l’analyser sans concession, car sa progression s’explique largement par la prégnance de la réparation sur la prévention mais aussi par la progression considérable des coûts des établissements et services, sans que l’on puisse dire que la qualité s’en soit accrue dans les mêmes proportions.
Il faut donc espérer que les perpectives négatives de ce début d’année suscitent un véritable élan vers de nouvelles formes d’intervention sociale privilégiant une approche globale (entre le social, le médico-social et le sanitaire) sur l’approche segmentée, l’innovation sur la réglementation et l’engagement sur l’indifférence. En somme, une année où notre pays après avoir perdu un cran sur le plan financier, en gagnerait un sur le terrain de la responsabilité et de l’empathie, comme nous y invite les auteurs du Pacte civique, plus déterminés que jamais à en faire un enjeu de l’élection présidentielle*.
Jean-Louis Sanchez

* www.pacte-civique.org

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Plan psychiatrie et santé mentale : ça ne tourne pas rond • Lutte contre la précarité : la Fnars propose un grand chambardement • ARS : un collège de directeurs pour mieux travailler • La loi 2002-2 a dix ans : à quand l’évaluation de l’évaluation ? •Accueil de la petite enfance : un bilan honorable • Mouvements de troupes • Chiffre du mois • Carton vert • Carton rouge

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à l’Accorderie, on mise sur le pouvoir citoyen

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Vieillissement et nouvelles technologies : Rester connecter à l’autonomie

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Soutien aux étudiants : Le Havre, major de la promo

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RSA-RMI : match nul

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RSA-RMI : match nul

Le 1er décembre 2008, lorsque la loi généralisant le revenu de solidarité active (RSA) et réformant les politiques d’insertion est adoptée, nombreux sont ceux qui pensaient qu’allait s’ouvrir une nouvelle page de la solidarité plus dynamique et plus personnalisée. Le RSA allait réussir là où le RMI avait déçu : mieux motiver les bénéficiaires dans leur relation à l’emploi en veillant à ce que chaque heure travaillée apporte un réel gain de revenu. Et les mots d’ordre à sa mise en œuvre résonnent encore : simplification, lisibilité, efficacité. Pourtant, à l’heure d’un premier bilan, les avis quant à la performance du RSA au regard de ses promesses sont au mieux mitigés, et au pire ouvertement négatifs. Pour voir ce qu’il en est vraiment, le JAS est allé enquêter dans deux départements, expérimentateurs du RSA de la première heure, l’Eure et la Côte-d’Or. Avec un objectif, vérifier si le RSA a fait mieux ou non que le RMI.