NUMÉRO 164 / FEVRIER 12

Le véritable enjeu démocratique

Les dés sont jetés : le président de la République sera bien candidat à sa propre succession.?Et il entend engager le débat sur les valeurs, en réaffirmant l'importance du travail, de l'autorité et de la solidarité. Du côté de l'opposition, on y ajoute l'importance de l'école, du service public, de la protection sociale. Des préoccupations perceptibles, immédiates et incontournables, mais dont on oublie trop vite qu'elles ne constituent pas les causes mais les conséquences d'une véritable crise sociétale trouvant son origine, non pas dans les politiques, mais dans l'éthique.
Dès 1999, le JAS mettait toute sa crédibilité en jeu dans l'affirmation de cette nécessité vitale : la revalorisation des fondamentaux de la République pour préserver le contrat social à la base du vivre-ensemble. Rien de durable ne pouvant s'envisager sans réinterroger la relation fraternelle avec les autres, entre les autres. Dorénavant cette conviction est l'objet d'une multitude de publications (voir page 8) qui ont toutes le mérite d'expliciter comment se délie notre société (1), comment se fabrique la défiance (2), combien il est urgent de se reprendre (3).
Mais il faut aller plus loin que ces seuls constats et le souci de promotion de l'innovation sociale à laquelle s'emploient utilement les acteurs de l'économie sociale.
Il faut maintenant proposer un nouveau contrat social qui rappelle la nécessité de consolider la solidarité de droits par une solidarité qui fasse de chaque habitant un acteur quotidien du vivre-ensemble, de chaque retraité (nom au demeurant stigmatisant) un militant éducatif, de chaque fonctionnaire un missionnaire du service public.
Une ambition qui implique de réformer en profondeur nos réponses sociales pour qu'elles osent s'aventurer sur les terrains de l'empathie, du risque et de l'émotion.
Et, pour que chacun se sente concerné par ce changement radical de posture, la République ne doit plus être confondue avec ses seuls responsables nationaux, elle doit reconnaître que l'impulsion du changement doit venir autant des habitants que des dirigeants, autant des élus locaux que des élites parisiennes.
Le nouvel enjeu démocratique ne consiste donc pas seulement à nous inciter à agir autrement, mais aussi à décider autrement.

Jean-Louis Sanchez

(1) La solitude de l'isoloir - Les vrais enjeux de 2012, Luc Rouban, Pascal Perrineau, chez Autrement.
(2) La fabrique de la défiance, de Yann Algan, Pierre Cahuc et André Zylberberg, chez Albin Michel.
(3) Reprenons-nous !, de Jean-Paul Delevoye, chez Tallandier.

ÉDITORIAL

ACTUALITÉ
LE MOIS DU SOCIAL
Ehpad : la dépendance de plus en plus prégnante • Formation : un pour tous, tous pour un • Bonnes pratiques : l'Europe fait cavalier seul • Pôle emploi : la concertation progresse à grands pasRétablir la confiance : des constats et peu de propositionsTutelles : une réforme bien mal engagée • Mouvements de troupes • Chiffre du mois • Carton vert • Carton rouge

SOCIALEMENT INDISCRET

Actu des régions

Social sans frontières

DOSSIER
Assises nationales de la protection de l'enfance 2011
2ème partie de la synthèse
Ce que vous savez et ce qu'il faut faire savoir

EXPÉRIENCES
La bonne pratique d'apriles
Handicap : La relation ne se construit pas sans risque

VIVA-CITÉ
Évaluation et dialogue citoyen à Nantes :
Avec le vivre-ensemble, le faire-ensemble

L'AUTONOMIE EN ACTIONS
Cancers : Au-delà de la maladie, des handicaps à compenser

ENQUETE
GUADELOUPE : Une incommensurable envie d'exister

REPÈRES
À BÂTONS ROMPUS : Jo Spiegel

FRATERNITÉ

DÉCRYPTAGE
À quoi ont servi les fonds pour Haïti ?

AGENDA

LE JOURNAL DES RÉSEAUX

OFFRES D'EMPLOI

Enquête
GUADELOUPE : Une incommensurable envie d'exister

Décidément, la Guadeloupe ne peut laisser indifférent. Elle cumule en effet les problèmes sociaux de la métropole et des difficultés bien spécifiques (taux de chômage élevé, accroissement de la monoparentalité, vieillissement accéléré de la population, amplification d'un problème de santé publique, l'obésité...). Mais elle peut aussi nous surprendre grâce à la revalorisation de son patrimoine sociétal, une forte envie d'étonner et l'énergie qui naît parfois du désespoir.