NUMÉRO 165 / MARS 12

Les points sur les i

Le pire ennemi de la démocratie, c'est l'abstention et pourtant elle gagne régulièrement du terrain dans toutes les élections. Les sondages récents montrent que les prochaines présidentielles ne seront pas épargnées (29% selon un sondage Ifop du 18 mars).
Les électeurs sont de plus en plus nombreux à dé­sespérer que la politique ne parvienne pas à offrir un véritable projet de société avec sa dimension humaine et économique. Le mois dernier nous nous sommes attachés à défendre l'idée que la campagne électorale actuelle pourrait porter sur la construction d'un nouveau contrat social redonnant de la tonicité au vivre ensemble.
Ce mois-ci nous voulons affirmer que le moment est propice pour donner de l'espérance, sur le terrain économique, à nos concitoyens massivement conscients du caractère catastrophique de la crise si le retour à la croissance devait se fait attendre (voir “Socialement indiscret”page 11).
C'est donc bien la question des moyens de la croissance qui devrait être au cœur du débat comme le rappelle, avec une énergie sans faille, Michel Rocard en mettant “les points sur les I” dans une publication récente destinée à tous les candidats (1).
Son crédo est que le pire peut être évité à condition de s'engager sans attendre dans une nouvelle révolution technologique apte à fournir des millions d'emplois dans le monde. Car les progrès de la recherche et l'engouement croissant des industriels pour la voiture électrique ou la diversité énergétique montrent que c'est possible.
Pourtant la question du développement durable n'occupe jamais dans les projets des candidats une place centrale, tout au mieux périphérique.
Comme si la politique ne servait plus qu'à garantir le statu quo là où il faudrait promettre de tout revoir pour garantir l'essentiel.
Comme si les candidats ne percevaient pas que nos concitoyens n'attendent qu'une chose de la politique : faire du courage la clef de l'avenir. Ils n'ont pas besoin d'être surprotégés, ils veulent seulement vivre à l'abri des non-dits pour pouvoir s'engager en confiance dans la construction d'un autre monde.

Jean-Louis Sanchez

ACTUALITÉ
LE MOIS DU SOCIAL
Internats d'excellence : parce qu'ils le valent bien • Emploi : 2 chômeurs formés = 1 chômeur en moins • Protection de l'enfance : l'ADF voit rouge • Territoriale : un management qui ne convainc pas • Défenseur des droits : cap sur la protection de l'enfance • Chiffre du mois • Carton vert • Carton rouge

SOCIALEMENT INDISCRET

Actu des régions

Social sans frontières

ENQUÊTE
24 heures dans une MDPH... victime de son succès

EXPÉRIENCES
La bonne pratique d'apriles
Développement social : Dans les Vosges,les petits ruisseaux font de grandes rivières

L'AUTONOMIE EN ACTIONS
Majeurs protégés : Préserver leur autonomie

VIVA-CITÉ
Violence des jeunes : Opération séduction

DOSSIER
Parrainage : on s'y met quand ?

REPÈRES
Décryptage : réforme territoriale
Qu'en pensent les premiers concernés ?

À BÂTON ROMPUS : MICHEL YAHIEL

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Parrainage : on s’y met quand ?

Chez tout un chacun le mot évoque indifféremment la cérémonie liée au baptême ou le geste humanitaire consistant à verser des aides aux déshérités lointains. Il existe un autre parrainage, beaucoup moins connu, et pourtant extrêmement prometteur : le parrainage dit de proximité. Celui qui consiste à construire une relation privilégiée entre un enfant (ou un jeune) et un adulte (ou une famille) pour soutenir la parentalité ou accompagner l’insertion des personnes moins armées que les autres. Une nouvelle forme d’entraide qui s’avère bénéfique de part et d’autre de la relation, mais aussi pour la vitalité de l’implication des professionnels de plus en plus déstabilisés par les limites de leurs réponses. À l’heure où la crise du lien social ne fait que s’amplifier, voilà tout sauf un gadget, à condition de s’en emparer, sans craindre de bouleverser nos a priori et nos habitudes.