NUMÉRO 167 / MAI 12

La terre tremble

U ne fois de plus la France vient de montrer la performance de ses institutions et l'enracinement de la démocratie. La participation massive de nos concitoyens à l'élection présidentielle a confirmé leur attachement à la politique et l'espoir qu'ils conservent quant à son influence positive sur l'avenir. Il faut donc espérer que les nouveaux dirigeants pourront entretenir cette conviction à un moment où les nouvelles de l'état du monde font peur.
Le développement des pays émergents serait bien moins dynamique qu'il n'y paraît (avec des statistiques de plus en plus douteuses), tandis que les États-Unis sont à nouveau confrontés à la fragilité de leur système bancaire. Mais surtout, l'Europe est bien au bord du gouffre, car les nombreux expédients utilisés pour retarder l'heure des comptes cessent de faire illusion. Après la Grèce, l'Espagne va très vite nous rappeler à l'ordre avec son système financier en lambeaux, ses collectivités locales asphyxiées, ses habitants indignés.
C'est donc bien le moment de vérité, et il faut espérer qu'il s'ouvre sur un horizon apaisé, qui ne pourra toutefois s'inscrire dans la durée qu'à condition de reposer sur un véritable changement des modes de pensée, des postures, des responsabilités.
Deux exemples permettent d'éclairer cet impératif. Celui de l'avenir de l'assurance maladie tel qu'il est esquissé par Denis Piveteau en sa qualité de président du Haut conseil pour l'avenir de l'assurance maladie (voir pages 38-39). Mais aussi celui de l'avenir du vivre ensemble tel qu'il est façonné par les quinze maires d'Alsace qui ont fait le pari de l'engagement civique de tous leurs habitants pour barrer la route au repli sur soi et au refus des autres(1).
En effet, dans les deux cas de figure, la recherche de la réponse s'éloigne de la nostalgie des moyens pour s'affirmer dans le rejet de la défiance et la promotion de l'effort. Le changement est à ce prix.

Jean-Louis Sanchez

(1) Le 12 mai dernier ce sont les habitants de quinze communes de la communauté d'agglomération de Mulhouse qui ont consacré leur journée à rénover, avec le concours des entreprises locales, leurs équipements pour améliorer leur environnement physique et humain.

ÉDITORIAL

ACTUALITÉ
LE MOIS DU SOCIAL
Social : les femmes décident, les hommes conseillent • Harcèlement sexuel : haro contre le Conseil constitutionnel • Sécurité sociale : l'horizon s'assombrit • Finances : les départements veulent se faire entendre • Centres de vacances et de loisirs : le réalisme l'emporte sur le droit • Mouvements de troupe • Chiffre du mois • Carton vert • Carton rouge

SOCIALEMENT INDISCRET

ACTU DES RÉGIONS

SOCIAL SANS FRONTIÈRES

ENQUÊTE
24 h dans une Caf... au cœur de la crise

EXPÉRIENCES
Les bonnes pratiques d'apriles
Handicap psychique : La mayonnaise solidaire de Dijon
Insertion des gens du voyage : Rouler lentement pour arriver à bon port

L'AUTONOMIE EN ACTIONS
Tarification médico-sociale : HAPI ou la maîtrise du suivi de la dépense

VIVA-CITÉ
À Saint-Flour, on refuse de s'en tenir au social

DOSSIER
Réseaux d'échanges : un investissement qui rapporte

REPÈRES
Décryptage
Avenir de l'assurance maladie : plus qu'un défi financier

À BÂTON ROMPUS : Denis piveteau, président du Hcaam

FRATERNITÉ

AGENDA

LE JOURNAL DES RÉSEAUX

OFFRES D'EMPLOI

RÉSEAUX D'ÉCHANGES : Un investissement qui rapporte

À l'échelle d'un territoire ou de la toile, les échanges de services, de savoirs, de biens… sont devenus tendance. Comme si le développement de la vulnérabilité favorisait la multiplication despremières initiatives prises en ce sens par les réseaux d'échanges réciproques
des savoirs (RERS) et les systèmes d'échanges locaux (Sel). Fondés sur
les principes de confiance et d'altérité, ils évitent l'écueil de l'enfermement et favorisent le développement des potentiels des individus et par là même des territoires. Mais faire vivre un réseau dans la durée, ce n'est pas si simple que cela. D'où la nécessité de comprendre les objectifs et les conditions de réussite de ces réseaux.