NUMÉRO 143 / JANVIER 10

Pour vous

Après quelques semaines de chantier, nous sommes heureux de vous adresser la nouvelle formule de votre journal.

Dans une période où le besoin de comprendre n'a jamais été aussi intense, la presse qu'elle soit spécialisée ou généraliste a bien du mal à s'épanouir. Son contexte est en effet caractérisé par la colonisation des médias par de grands groupes financiers et la concurrence d'Internet qui favorisent la prégnance du factuel et du sensationnel sur l'esprit critique et le sens. Si la presse écrite est délaissée par les lecteurs, ce n'est pas parce qu'ils le souhaitent, mais parce qu'ils n'y trouvent plus leur compte.

Au JAS, nous croyons depuis sa création en 1995 à l'avenir de l'écrit, à condition de ne pas transiger avec l'affirmation de valeurs, le goût de l'investigation, l'ouverture aux autres, mais aussi la pédagogie, et la prise en compte des nouvelles exigences des lecteurs (format du média, facilité d'accès aux rubriques, simplicité de l'écriture, qualité de l'iconographie …).

C'est pourquoi, nous avons fait réaliser une enquête de lectorat qui nous a confirmé que vous aimiez le JAS, en plébiscitant son positionnement sur une perception nouvelle de l'action sociale, plus transversale, plus stratégique et plus sociétale, tout en pointant des faiblesses quant à sa lisibilité et sa structuration.

Donc une très forte motivation pour vous proposer une nouvelle maquette comprenant les mêmes rubriques mais mieux ordonnées, un format plus adapté à sa lecture sur les lieux de travail mais aussi en dehors, et une écriture allégée pour aller plus vite à l'essentiel. Ceci sans mettre en cause sa ligne éditoriale, plus explicitement définie comme celle de l'action sociale au service du vivre ensemble (nouveau titre). Car c'est bien la conviction du journal que le vivre ensemble résulte d'une forte implication des acteurs sociaux et éducatifs tant sur le plan opérationnel que stratégique, à condition toutefois d'agir ensemble, et donc de se connaître et de se reconnaître. C'est pour cette raison que le Journal de l'Action Sociale se complète désormais par le Journal des Réseaux (voir page 45) qui grandira tout au long de l'année afin que chacun puisse exprimer ce qu'il est et ce qu'il fait.

En bref, un journal qui dit NON au défaitisme, au repli, et à l'individualisme, et qui, fort de votre fidélité, dit OUI à la confiance, à l'action collective, à l'autre.

Merci.
Jean-Louis Sanchez et Karine Senghor

5 Editorial

6 LE MOIS DU SOCIAL
Fonds pour la protection de l'enfance : une sacrée ardoise • L'État réorganise sa cohésion sociale • Des associations pas franchement rassuréesPeu à peu le service civique fait son nid • L'aide à domicile prend le taureau par les cornes • Décentralisation : l'année de tous les dangers • Outre-mer : l'égalité plus forte que la liberté • Mouvements de troupes • Chiffre du mois • Carton vert • Carton rouge

10 SOCIALEMENT INDISCRET

12 Actu des régions

14 Social sans frontières

17 Droits de l'enfant à Madagascar : Un chemin de résilience

22 LES BONNES PRATIQUES DU MOIS
Protection de l'enfance : Les bonnes ondes de la prévention
Mérignac : Une convention... peu conventionnelle

26 L'AUTONOMIE EN ACTIONS
Aide aux aidants : Faire vivre l'esprit de famille

28 FRATERNITÉ et développement durable

30 Viva-Cité
Vivre ensemble au Havre : Une organisation de combat

32 RSA...EN AVANT TOUTE !
La MSA cultive le RSA

35 Banlieues : ça sent le brûlé

40 A bâtons rompus
Invité du mois : Patrick Viveret, philosophe

42 Déchiffrage
Du rôle de la statistique dans les débats de société

55 AGENDA

56 OFFRES D'EMPLOI

Banlieues
ça sent le brûlé

LES ÉMEUTES DES BANLIEUES, c'était il y a quatre ans déjà.
“Un électrochoc salutaire”, titrait alors le Jas (voir n°102 de décembre 2005, p. 20 à 27), espérant qu'il amènerait à se poser les bonnes questions et à mettre enfin en œuvre une politique de la ville qui réponde à l'urgence d'une plus grande cohésion sociale. Or, bien que la rénovation du bâti soit bien engagée, la crainte d'un nouvel embrasement est renforcée par la crise. Le Jas a voulu faire le point de la situation avec des acteurs de terrain qui, malgré leurs inquiétudes, pensent néanmoins que le changement est encore possible.