NUMÉRO 146 / AVRIL 10

Comme une odeur de souffre

Drôle de printemps. Le nuage venu d'Islande vient assombrir un peu plus le moral de nos concitoyens de plus en plus inquiets. Les déficits des retraites et des comptes sociaux s'avèrent abyssaux alors que la courbe de croissance du PIB oscille péniblement autour de 1%. Et cela, alors même que dans nos banlieues et dans nos campagnes le sentiment de délaissement s'accentue. On sent dans l'air comme une odeur de souffre.

Ce qui explique, que pour beaucoup, le verre puisse apparaître comme plutôt vide, avec pour corollaire la fuite en avant, la désinvolture, l'inaction. Et, en prime, le retour du discours populiste ou du silence assourdissant de l'absentéisme électoral.

Ce n'est pas notre choix, car cette crise (en grec : rupture), peut également annoncer un authentique printemps, si l'on recherche aussi dans l'actualité ce qui rassure. Il faut lire le rapport du ministère de l'Intérieur sur l'attitude exemplaire des habitants de Charente-Maritime pour soutenir les sinistrés de la tempête Xynthia. Il faut méditer sur la multiplication des ateliers du vivre ensemble et l'organisation exponentielle de débats sur les valeurs, dont principalement celle de fraternité. Il faut mesurer l'importance d'une remise en cause par un nombre croissant de parlementaires, de choix (comme le bouclier fiscal) qu'ils ont parfois votés pour redonner toute sa place à la fonction redistributrice de l'impôt.

Plus personne n'ose aujourd'hui s'arquebouter sur des certitudes. Ainsi, comme le montre le dossier de ce numéro, le monde de l'aide à domicile, tout en revendiquant plus de moyens exprime aussi sa volonté de changement quitte à revisiter ses fondamentaux. De même, les collectivités locales s'activent pour refuser l'enfermement de la décentralisation dans un rôle gestionnaire pour mieux revendiquer un rôle stratégique dans la performance du vivre ensemble. Des ouvertures qui pourraient permettre de précipiter partout l'élaboration d'un nouveau projet social moins orienté vers le normatif, et davantage sur la citoyenneté de tous et pour tous. De Martine Aubry à Alain Juppé, en passant par le médiateur de la République, il faut sentir dans l'air du temps un souffle d'humilité qui fait que s'affirme enfin publiquement dans les médias (et plus seulement dans le JAS) un discours faisant de l'engagement individuel, le gardien de la solidarité collective.

Editorial

ACTUALITE
LE MOIS DU SOCIAL
Ces défis qui attendent les nouvelles agences régionales de la santé • Départements : le bras de fer se durcit • MSA : la valeur n'attend pas le nombre... de caisses • Pôle emploi : le traitement du personnel avant les usagers • Absentéisme scolaire : levée de boucliers contre la suspension des allocs • Mouvements de troupes • Chiffre du mois • Carton vert • Carton rouge

SOCIALEMENT INDISCRET

Actu des régions

Social sans frontières

ENQUÊTE
service social : le refus de l'enlisement bureaucratique

EXPERIENCES
LES BONNES PRATIQUES DU MOIS
Dans le Lot-et-garonne : pause-café rime avec efficacité
Vulnérabilité sociale : quand l'individuel nourrit le collectif

L'AUTONOMIE EN ACTIONS
Handicap et scolarisation : compter jusqu'aux “dys”

Viva-Cité
Soutien à l'autonomie : un train d'avance à Brive

RSA... EN AVANT TOUTE !
Haut-rhin : face à la crise, consolider les bases

DOSSIER
Aide à domicile : les digues cèdent

REPERES
A bâtons rompus
Invité du mois : Thierry Baranger
Magistrat, membre du comité directeur de l'AFMJF

FRATERNITE

Le Journal des réseaux

AGENDA

OFFRES D'EMPLOI

Aide à domicile : Les digues cèdent

Le secteur associatif de l'aide à domicile va mal, tout particulièrement celui concernant les personnes âgées et handicapées. C'est que
le secteur associatif prestataire est bien plus impacté qu'on aurait pu
le penser par la crise économique qui dévaste les financements publics à
un moment où les besoins sociaux s'amplifient. Par ailleurs, un phénomène nouveau apparaît, celui du recours de plus en plus fréquent à l'emploi direct. Le secteur prestataire de l'aide à domicile est donc bien confronté à une multitude de dangers. Et c'est d'autant plus ennuyeux que ce secteur propose tout à la fois une offre de services irremplaçable pour les plus vulnérables et une offre d'emplois de plus en plus attractive.
Il est donc urgent de prendre le taureau par les cornes pour consolider les digues de l'aide à domicile. Ce
à quoi le Journal de l'action sociale veut apporter sa contribution, en analysant les raisons de la crise et
les défis à relever pour en sortir.