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Les raisins de la colère*
Ils ont commencé à s'indigner à Madrid, à Athènes ou à Lisbonne et ils le feront demain à Paris, à Berlin ou à Londres. Ils n'en peuvent plus de subir le contrecoup de la dérégulation de l'économie de marché qui a suivi l'effondrement du communisme. Car, l'alliance d'un néolibéralisme sans complexe et d'une mondialisation sans limite tend à briser tout ce qui permet à une société de croire en son avenir. Et les conséquences sont déjà là. Avec le chômage qui atteint 45 % des jeunes de 15 à 24 ans en Espagne ; 37 % en Grèce ; 29 % en Italie ; 23 % en France et au Portugal. Avec la transmission d'une dette publique qui pourrait atteindre 200 % du PIB dans les prochaines années. Avec l'impact de la dérégulation climatique sur les prix des produits de première nécessité qui pourrait faire de la vulnérabilité des habitants de notre planète la source de son embrasement. Un scénario qui n'a pourtant rien d'irréversible si la résistance des jeunes nous oblige à réviser tous nos modèles de gouvernance – planétaire, européenne, nationale et locale – pour passer d'une démocratie d'émotions à une démocratie de responsabilités. Avec comme perspective d'éviter un tsunami démographique (voir p. 38), la multiplication des fractures – générationnelle, culturelle et sociale –, la destruction de la culture et des repères de la citoyenneté. Une tâche qui pourrait paraître insurmontable, si les enquêtes d'opinion ne montraient pas de plus en plus fréquemment une société en quête de sens, pas seulement en France, mais partout en Europe**. Une évolution qui se vérifie également dans la toute dernière enquête de l'Observatoire national de l'action sociale décentralisée (Odas)*** sur les priorités municipales, qui montre la détermination des maires de faire de la reconquête du vivre ensemble leur toute première priorité.
* Titre du livre emblématique de Steinbeck (1939) sur la crise de 1929. **En Italie, l'élection d'une nouvelle majorité à Milan s'est faite autour d'un programme présentant la valorisation de l'interdépendance, comme la clé d'un avenir meilleur. *** Les résultats de cette enquête seront prochainement en ligne sur le site de l'Odas. |
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Editorial
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Les CCAS ont-ils un avenir?
Une enquête récente de l'Unccas vient relancer le débat sur la place des CCAS en France. On y vérifie le lien extrêmement étroit entre ces établissements publics et la lutte contre l'exclusion. Ceci n'étonne personne car les communes apparaissent toujours comme le dernier rempart des gens les plus en difficulté. Mais, elle montre aussi que la transformation de la question sociale avec le démantèlement du vivre ensemble, semble avoir assez peu d'impact sur les compétences des CCAS en matière de développement social et de création de projets sociaux de territoires, capables de réduire les précarités relationnelle et identitaire, ainsi que l'absence de perspectives collectives. Or, faut-il rappeler que les CCAS doivent concourir, comme le prévoit le Code de l'action sociale et des familles, à “l'action générale de prévention et de développement social dans les communes”. Le point à Villeurbanne, Tourcoing, Valencienne, Blois et Toulouse. |
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