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Il est interdit de ne plus interdire
Faut-il le rappeler, dans le concept de développement durable il y a trois composantes : celle de l'économie, celle de l'environnement, celle de l'humain. C'est bien sûr cette dernière, qui, sous la dénomination de développement social, concerne principalement les acteurs éducatifs et sociaux. Mais cette proximité ne doit pas nous éloigner de l'essentiel, c'est-à-dire l'état de notre Terre-patrie pour reprendre l'expression d'Edgar Morin. Car chacun le sait, la dérégulation du climat et des équilibres naturels sera accompagnée d'immenses désordres sociaux engendrés par la crise alimentaire, la raréfaction de l'eau, la disparition de terres habitables... Or, les derniers résultats sur l'accroissement du CO2 dans le monde (+6 % entre 2009 et 2010) montrent bien l'inefficacité des mesures actuelles pour enrayer cette hausse suicidaire*. Et pourtant, après Copenhague et Cancun, la conférence de Durban qui réunit en Afrique du Sud 191 pays pour tenter de relancer le protocole de Kyoto, menace de s'enliser dans le consensus mou. Le contraire de l'élan nécessaire pour permettre de réduire la concentration des gaz à effet de serre en donnant de nouvelles perspectives au développement durable. Comme si la peur d'accentuer le risque de récession économique paralysait toute envie d'agir sur le futur qui paradoxalement peut seul générer de l'emploi. C'est pourquoi 2012 sera bien une année décisive pour l'avenir de l'humanité avec ses diverses échéances électorales en France et ailleurs, qui nous permettront de mesurer si les gouvernants de demain auront la volonté de maîtriser notre développement, pour protéger avec nos emplois, notre environnement et nos rêves. Si en 1968, il était proposé d'interdire d'interdire, en 2012 il devrait être proposé d'interdire de ne plus interdire tout ce qui s'oppose au durable.
Jean-Louis SANCHES
* Personne n'en parle, mais par exemple les rivages méditerranéens sont en danger, avec une disparition rapide des plages comme par exemple dans le Var, la Croix-Valmer ou le Rayol Canadel, des sites exceptionnels que nous aurions aimé léguer intacts aux générations futures. Comme pour nous prévenir que les désordres écologiques ne nous épargneront pas moins que les autres. |