NUMÉRO 161 / NOVEMBRE 11

Que faire ?

C'est la question que se pose avec anxiété un nombre croissant de nos concitoyens devant le déferlement d'informations chaque jour plus sombres. Avec la crise économique, s'installe dans le paysage une crise démocratique, aboutissement naturel d'une perte de confiance dans la capacité de nos institutions, de nos élites à contrôler la situation.
L'Espagne vient ainsi de changer de majorité, mais comme tous les observateurs le mentionnent, non pas par conviction, mais par dépit, parce que le statu quo paraît encore plus dangereux. Lorsque la crainte se distille, il n'y a plus qu'un moyen d'exister : le vote-sanction. D'ailleurs, le reste de l'Europe est confronté à des évolutions de même nature avec à chaque élection la progression des partis populistes, ou à défaut d'élection, le recours à des personnalités issues du sérail technocratique, souvent à l'origine des désordres actuels.
C'est pourquoi il est urgent de montrer que cette période d'incertitudes ne peut se satisfaire de réponses aussi étroites que la seule réduction des services et le seul renforcement des contrôles. D'autres options sont dorénavant ouvertes, qui pourraient redonner confiance à une jeunesse désenchantée et indignée.
La construction démocratique d'une gouvernance européenne et mondiale pourrait restaurer la crédibilité du politique face aux enjeux écologiques et économiques qui appellent indiscutablement des solutions supranationales.
Les exigences écologiques offrent l'opportunité d'une ère de développement économique aussi prometteuse que fut l'avènement de l'automobile ou plus tard de l'électronique.
La revalorisation de plus en plus perceptible de l'éthique de l'empathie, à travers par exemple le succès du film “Intouchables”, permet dorénavant de croire en notre capacité à régénérer notre système de solidarité. Au lieu de fractionner nos réponses par publics, une vision globale de la problématique sociale autour de la restauration du vivre-ensemble permettrait de transformer nos difficultés en opportunités.
Une perspective qui se vérifie déjà dans la manière dont se construit progressivement une autre perception du vieillissement en France. L'idée progresse que vieillir c'est grandir, c'est acquérir plus d'expérience et de disponibilité dont nos jeunes ont besoin. Ainsi, en consacrant grâce au soutien d'AG2R La Mondiale un numéro spécial à cette thématique, le JAS montre une fois de plus son rejet du défaitisme. La France vieillit et c'est tant mieux, car la clef de son avenir repose sur sa capacité à utiliser l'expérience des aînés pour préparer le futur.

Jean-Louis Sanchez

EDITORIAL

ACTUALITE
LE MOIS DU SOCIAL
Pauvreté : une communication daltonienne • Protection de l'enfance : le monde associatif se veut constructif • Aide alimentaire : le pire a été évité • Handicap : dur, dur pour l'emploi • DGCS, revue des chantiers en cours Mouvements de troupes • Chiffre du mois • Carton vert • Carton rouge

SOCIALEMENT INDISCRET
Actu des régions
Social sans frontières

ENQUETE
Vieillir, c'est grandir

EXPERIENCES
Bonne Pratique Apriles
Pas-de-Calais : Les visiteurs de l'espoir

Viva-cité
Lyon, amie des aînés, amie de tous

L'autonomie en actions
MAIA : L'intégration, sinon rien

DOSSIER
Soutien à l'autonomie : agir autrement, c'est urgent

REPÈRES
A bâtons rompus
Marie-Anne Montchamp, secrétaire d'état auprès de la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale

FRATERNITE

DECRYPTAGE
Logement intergénérationnel : “Viens chez moi j'habite chez une vieille dame”

AGENDA

Le Journal des réseaux

OFFRES D'EMPLOI


Vieillir, c'est grandir

n Avancer dans la vie, c'est inéluctablement prendre de l'âge. Mais entre le départ en retraite et le moment où l'effet du temps se fait sentir, il peut s'écouler plusieurs dizaines d'années durant lesquelles la sagesse et l'expérience peuvent bénéficier à la société tout entière. Il faut donc à tout prix encourager un nouveau regard de la société sur le vieillissement et généraliser les initiatives qui participent à la rencontre des âges. Mais sortir de l'anecdotique pour engager sur nos territoires d'authentiques politiques intergénérationnelles n'est pas chose évidente. C'est pourquoi il importe de mieux connaître les actions qui par leur pertinence portent en germe l'espoir d'une société de tous les âges. Le point à Metz, Toulon, Berrwiller, Angers, Saint-Apollinaire et Rennes.