Editorial
"Parlez-moi d'amour"
Au moment où s'ouvre le débat budgétaire, les résultats de l'enquête publiée le 30 septembre par Le Parisen* tombent fort à propos. Les Français y plébiscitent le service public et c'est tant mieux. Mais ce serait une grave erreur que d'y voir un encouragement au maintien du statu quo.
Ce que nos concitoyens approuvent, ce ne sont pas les replis corporatistes, ni le refus du changement, ce n'est pas l'indifférence, voire le mépris de certains serviteurs de l'Etat et des collectivités locales. Ce que nos concitoyens approuvent, c'est ce qu'il reste encore de dévouement, de disponibilité, d'audace chez un grand nombre de serviteurs de l'Etat.
C'est le service public tel que nous l'a montré la télévision le lundi 30 septembre avec le documentaire, "Madame la Principale"**.
Et l'on se plait alors à rêver que les médias prennent conscience de leur immense responsabilité dans la définition des critères de performance. Le succès de ce documentaire devrait notamment inciter les responsables de l'audiovisuel à valoriser, comme le demande Alexandre Jardin, les bonnes pratiques pour en promouvoir le développement. On verrait alors que les meilleures maisons de retraite ne sont pas obligatoirement celles qui ont le plus de personnel et que les clubs de prévention qui fonctionnent bien ne sont pas obligatoirement dans les territoires les plus faciles.
On vérifierait alors sûrement que la seule énergie gagnante, c'est celle qui trouve ses racines dans l'amour des autres. C'est ce que nos cousins québécois n'hésitent pas à dire, en ajoutant tendrement "mais chez vous en France ça fait vieille mode".
C'est pourquoi je persiste et je signe : le devenir du service public passe par une moindre pesanteur des carcans statutaires et une plus grande influence du critère d'engagement. Et tant pis si ça fait vieux jeu : l'avenir de nos enfants vaut bien une messe***.
Jean-Louis Sanchez Directeur éditorial
* Sondage CSA, réalisé pour Le Parisien, Aujourd'hui en France et Reader's Digest.
**Madame la Principale, documentaire français, réalisépar Thierry de Lestrade, en 2002, auprès de Marie-Françoise Santoni-Borne, proviseur au collège Pierre de Geyter à Saint-Denis.
*** Pour plagier Henri IV "Paris vaut bien une messe".
Sommaire
Le mois du social
L'Apa : moins menacée qu'on ne le dit
Pénurie de logement social en Ile-de-France : 300 000 personnes essuient les plâtres
Sécurité sociale : cap sur la responsabilisation
CES/CEC : les emplois aidés n'ont plus la cote
Le chiffre du mois * RMA, Fillon dégaine
Carton rouge / Carton vert Agora
Coup d'accélérateur sur l'observation de l'enfance en danger : bonne ou mauvaise nouvelle ?
Evènement
La décentralisation sur les rails : quid de l'action sociale
Expériences
Insertion et développement local
Solidarité Millevaches : quelques pas vers le développement social
Insertion professionnelle
Guédelon monte au créneau pour l'insertion Prévention santé
Santé publique
le Val-de-Marne s'attaque à un problème de poids s
Dossier
Prévention spécialisée autrement Les clefs de l'avenir
Viva-Cité
Le diagnostic social à Saint-Priest, les prémices d'une réussite
Management Clic
Limites d'une démarche prometteuse
Handi'spensable
Pour les personnes handicapées, la confidentialité devient un droit reconnu
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