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  • Les maires peuvent nous protéger du populisme (241)

    Chacun prend la mesure quotidiennement de la fragilité de notre cohésion nationale, avec des fractures qui s’aggravent, des discours qui se durcissent, des solidarités qui se délitent. Le désordre est donc considérable, et les obstacles pourraient paraître infranchissables, sauf à considérer que le découragement n’est plus de mise lorsqu’il s’agit de l’essentiel: rétablir une ambition collective apte à revitaliser liens sociaux et repères collectifs (…)

     

  • Coup de pouce aux aidants (241)

    Emilie a deux vies à “1 000 kilomètres l’une de l’autre”, soupire-t-elle. Depuis trois ans, cette cadre dans la communication âgée de 40 ans, fait l’aller-retour entre Paris et Perpignan tous les 15 jours. Elle part s’occuper de son père victime d’un accident de vélo qui l’a rendu tétraplégique. “Ça a été d’une violence absolue, raconte Émilie(1). Il était dynamique, faisait du sport, la cuisine et maintenant il ne peut plus rien faire. Il n’a plus que ses deux filles et sa maison”. Émilie doit gérer les documents administratifs, les rendez-vous médicaux, l’entretien de la maison, les courses, la banque, les aides à domicile qui se succèdent au chevet de son père… Son patron conciliant lui permet de télétravailler. “Je ne suis pas moins performante, mais je m’épuise pour que mon travail ne s’en ressente pas. D’un côté comme de l’autre, j’ai l’impression de ne jamais en faire assez” (…)

  • Transports publics : En route vers la gratuité ? (241)

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    D’Issoudun à Chantilly en passant par Aubagne et, plus récemment, la Communauté d’agglomération de Niort et la Communauté urbaine de Dunkerque, elles sont aujourd’hui une trentaine de villes et intercommunalités à avoir opté pour la gratuité de leurs transports collectifs. Parmi les pionnières en ce domaine, les villes de Colomiers (Haute-Garonne) et Compiègne (Oise) se sont même penchées sur la question dès les années 70. Points communs entre ces différentes collectivités ? Et bien précisément, il n’y en a pas. à part peut-être le fait qu’elles disposent plutôt de réseaux “légers” (bus) et non de modes de transport “lourds” tels que le tramway ou le métro. En réalité, le choix de la gratuité concerne aussi bien des territoires urbains que ruraux, administrés par des élus de tous bords. C’est dire si la question dépasse les clivages politiques et que le choix de la gratuité repose sur bien d’autres critères. Le Sénat au rapport Chargée de plancher sur les enjeux de la gratuité des transports collectifs, une mission sénatoriale menée par Michèle Vullien (Rhône) et Guillaume Gontard (Isère), a présenté son rapport le 26 septembre dernier. “Nous avons cherché à sortir des grandes déclarations de principe, et constaté que les expérimentations battent en brèche beaucoup d’idées reçues”, a déclaré Guillaume Gontard lors de la présentation de ce rapport, soucieux de “dépassionner le débat” sur la question (…)

     

  • Le cahier des reseaux (Jas 240)

    Avec l’extension de la vulnérabilité sous ses diverses formes, les phénomènes de repli sur soi et de technocratisation de la société s’amplifient. Notre modèle de solidarité, qui ne peut reposer seulement sur des droits mais aussi sur la mobilisation de toutes les énergies individuelles et collectives, s’en trouve menacé. Il est donc de plus en plus important de promouvoir toutes les formes de solidarité et de sociabilité, et de renforcer le sentiment d’appartenance à une même collectivité, en mettant en avant les valeurs d’engagement, de responsabilité, de laïcité et de fraternité. C’est pourquoi les organisations membres du Cahier des Réseaux ont décidé d’unir leurs efforts pour mieux faire connaître leurs initiatives prises dans ce sens. Elles se donnent ainsi pour objectif de dépasser les cloisonnements des politiques de solidarité, pour démontrer la possibilité d’une approche globale des problématiques sociétales.

  • Désertification médicale : Quelles nouvelles réponses ? (Jas 240)

    Confronté à une inquiétante pénurie de médecins qui ne cesse de s’aggraver, notre pays sera-t-il en mesure de trouver de nouveaux remèdes à temps ? Tandis que les voyants sont au rouge, collectivités locales et professionnels de la santé tentent d’apporter de nouvelles réponses sur le terrain. Dans le même temps, le gouvernement semble enfin conscient de l’ampleur du problème.

     

  • Migrants la France à la hauteur ? (Jas 240)

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    À la surprise générale, Emmanuel Macron a placé cette rentrée politique sous le thème de la question migratoire. “Nous n’avons pas le droit de ne pas regarder ce sujet en face”, a-t-il déclaré devant les députés de la majorité mi-septembre en soulignant qu’il estimait que le droit d’asile était de plus en plus détourné de sa finalité. “Pour pouvoir accueillir tout le monde dignement, on ne doit pas être un pays trop attractif”, complétait-il sur Europe 1. À la clef, un durcissement envisagé de la politique migratoire, notamment en direction des arrivants de pays considérés comme “sûrs” (Albanie, Géorgie…). Parmi les pistes envisagées : la diminution de l’allocation de demandeur d’asile, de nouvelles mesures d’expulsion des étrangers en situation irrégulière, la création de places supplémentaires dans les centres de rétention administrative, le développement de l’aide au retour volontaire, des contrôles plus poussés lors des délivrances des titres de séjour pour un motif familial en France ou encore l’évaluation de l’aide médicale de l’État. Cette dernière assure un accès aux soins pour quelque 318 000 personnes étrangères en situation irrégulière…

     

     

  • Citoyenneté : que faire ? (239)

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    Comme le précise Martial Foucault, l’un des auteurs de l’ouvrage cité ci-dessus: “Bien que le vote populiste s’exprime dans diverses directions, souvent opposées, il a un dénominateur commun: la perte de confiance de nos concitoyens”. Non seulement ceux-ci jugent leurs dirigeants impuissants à maîtriser les grands défis que sont la crise de l’emploi, le désastre écologique, la désertification de certains territoires…, mais ils vivent avec la peur de l’autre, du voisin, du migrant, faute de projets communs, de valeurs partagées. “C’est pourquoi, relève Didier Lesueur, directeur général de l’Odas, la définition de nouvelles formes de sociabilité aptes à redonner de la confiance à toute la population, quel que soit son territoire de vie, devrait être une priorité nationale. Et ce n’est pas facile, car un tel mouvement ne peut émaner des seules autorités publiques ou para-publiques. Il doit nécessairement naître des habitants, à travers leurs initiatives et leur désir de vivre ensemble. Restaurer la confiance c’est donc rappeler le rôle incontournable de la citoyenneté, dont il convient d’expliciter le sens.” (…)

  • 115 ne répond plus (Jas 238)

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    Alors que Julien Denormandie, secrétaire d’état du ministre de la Ville et du Logement, s’était illustré en déclarant le 30 janvier dernier qu’il estimait qu’il n’y avait pas plus de cinquante SDF à la rue dans Paris, la nuit de la Solidarité, organisée le 17 février dernier, dénombrait 3 622 personnes encore à la rue dans la capitale. Un constat de plus sur l’insuffisance de notre dispositif, déjà dénoncé il y a 15 ans par la Cour des Comptes dans son rapport sur le Samu Social : “Le Samu social de Paris gère une pénurie à laquelle on paraît se résigner”. Un désastre pour les familles Faudrait-il en conclure que la situation stagne au gré des alternances politiques ? Non “elle empire ! ” s’inquiète Jean-Sébastien Daniel, responsable du 115 de Paris. Dans son minuscule bureau qu’il partage avec deux autres personnes, à Ivry-sur-Seine, il ne cache pas son impuissance. “La situation s’est aggravée depuis 10 ans que je suis en poste ici : les délais de réponse s’allongent, le manque de places s’aggrave et l’embolie du système est telle que certaines familles ont dépassé leur dixième année en hôtel”…

     

  • Gabon : le social en construction (237)

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    INVITE DU MOIS

    Paul Biyoghe-Mba, Président de la Fondation pour la Protection sociale et le Bien-être

    C’est généralement à travers ses difficultés politiques que l’on parle, en France, du Gabon. Or, derrière celles-ci se dessinent des promesses encourageantes pour le renforcement de la solidarité dans ce pays. Deux initiatives ont notamment attiré notre attention : celle de la création par l’état gabonais d’un Samu social, et celle émanant d’une démarche plus personnelle, la création d’une Fondation pour la protection sociale et le bien-être. Et dans les deux cas de figure, un même initiateur, Paul Biyoghe-Mba, qui veut apporter sa contribution à l’amoindrissement des inégalités dans son pays.

  • Désastre écologique : cessons de fuir (237)

    3,00

    Quand le vivant s’effondre

    L’annonce est tombée telle un couperet : un million d’espèces sont aujourd’hui en danger. Cette alerte, publiquement lancée le 6 mai par l’IPBES, plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques, est le fruit d’un travail inédit mené par quelque 145 experts issus de 50 pays durant trois années. Trois années à passer au crible plus de 15 000 publications scientifiques et données gouvernementales afin de pouvoir consigner leurs conclusions dans un rapport de 1 800 pages. Pour Robert Watson, président de l’IPBES, le diagnostic est sans appel. Selon lui, la destruction de la biodiversité et des services écosystémiques a atteint des niveaux qui menacent notre survie. Et le plus effrayant de tout cela est la rapidité du mouvement dévastateur. Ainsi, en juin 2015, la revue Science Advances alertait sur le fait que les disparitions d’espèces ont été multipliées par 100 depuis 1950. Plus récemment, l’édition 2 018 du rapport (…)

     

  • Territoire zéro chômeur : l’expérience a fait ses preuves (236)

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    Rappelons que c’est un véritable changement de paradigme qu’a provoqué la loi du 29 février 2016 relative à l’expérimentation territoriale, visant à résorber le chômage de longue durée. En effet il s’agit de tester un certain nombre de postulats nouveaux sur l’emploi, comme “personne n’est inemployable, pour peu que l’emploi soit adapté”, “si les emplois manquent, ce n’est pas en revanche le travail qui manque face à un nombre considérable de besoins non satisfaits”, “le coût d’un chômeur est supérieur à celui d’un Smic”, et “il faut donc mobiliser les coûts du chômage pour financer des emplois sur des activités nouvelles”. Le législateur a donc repris à son compte les arguments de Laurent Grandguillaume, président de Territoires zéro chômeur de longue durée (voir l’interview ci-contre), qui a pu lancer son expérience. Son association a pu ainsi s’engager dans dix régions de France, avec la création de dix “Entreprises à but d’emploi” (EBE). La première a ouvert ses portes en janvier 2017 à Mauléon dans les Deux-Sèvres…

     

  • Fonction publique : Réformer pour innover (236)

    3,00

    Assouplir les règles de recrutement Le projet de réforme peut paraître utile lorsqu’il cherche à “diversifier les viviers de recrutements”. En effet, la fonction publique pourra embaucher davantage de contractuels, qui n’ont pas le statut de fonctionnaires et qui représentent déjà environ 20 % des effectifs (900 000 CDD sur 5,5 millions d’agents publics). Et plus précisément encore, pour “s’adjoindre de nouvelles compétences issues du privé commercial et associatif”, ces nouveaux contractuels auront notamment accès aux emplois de direction de l’état, des collectivités territoriales et des établissements de la fonction publique hospitalière. Par ailleurs, en ce qui concerne les postes à haute responsabilité, qui jusqu’à présent étaient majoritairement réservés aux énarques, sur le modèle du secteur privé, un nouveau type de contrat à durée déterminée est créé : le “contrat de projet” pour des missions spécifiques. Il est valable pour une durée qui peut aller d’un an à six ans. Enfin, le projet prévoit également des mesures pour renforcer la mobilité au sein de l’administration, avec même la possibilité d’un détachement d’office c’est-à-dire autoritaire. Ces diverses propositions mériteraient donc d’être analysées avec bienveillance, car la diversification des profils des cadres de l’administration ne peut qu’impacter favorablement la capacité d’innovation des collectivités publiques…

  • Une formation hybride contre la radicalisation (JAS 235)

    3,00

    La radicalisation religieuse, et tout particulièrement ces dernières années la radicalisation islamiste, est un phénomène que les pouvoirs publics peinent à appréhender. Une radicalisation qui, dans le moins mauvais des cas, est le terreau du communautarisme et, dans le pire des cas, la racine des attentats qui secouent régulièrement le monde et la France en particulier ces dernières années. “Comment mobiliser dans notre société les anticorps qui permettent de réagir ? questionne Muriel Domenach, secrétaire générale du Comité interministériel pour la prévention de la délinquance et de la radicalisation. Nous devons abandonner l’espoir irréaliste d’une déradicalisation, au sens de la déprogrammation ou de la reprogrammation, d’un être humain. Cela ne fonctionne pas”. Puisqu’intervenir après le basculement dans une idéologie mortifère est, en effet, complexe, il faut, selon l’expression, “prendre le mal à la racine”. C’est l’approche qu’a initiée avec discrétion et humilité, la Faculté libre d’études politiques et en économie solidaire, Flepes-Initiatives, en partenariat avec la Faculté de théologie protestante (FTP) de l’Université de Strasbourg et l’association strasbourgeoise SOS Aides aux Habitants (voir encadré)…

  • Désarroi des Français : le travail social à la rescousse (JAS 235)

    3,00

    Dans un article publié dans Ouest-France le 12 mars 2019, Pierre Méhaignerie, maire de Vitré, rappelle que : “Après le pain et l’eau, le plus grand besoin de la personne c’est le besoin de considération. Ce sentiment de n’être rien aux yeux des élites, ces impressions de dévalorisation, constituent les éléments dominants dans la crise des Gilets jaunes”. Et Pierre Méhaignerie n’est pas le seul à le penser. Au-delà d’une demande de plus grande justice fiscale et sociale, le mouvement des gilets jaunes exprime un fort besoin de reconnaissance et de dignité, de la part de salariés modestes et de retraités à faibles revenus ayant en commun le sentiment de ne plus être entendus par les pouvoirs publics. Des constats partagés Et il est vrai que le mouvement des Gilets jaunes s’appuie sur des faits objectifs. Pour la première fois depuis la Deuxième Guerre mondiale, le pouvoir d’achat a stagné sur une longue période de dix ans. Tandis que pour les Français vivant dans le monde rural et en périphérie des grandes villes, le sentiment d’abandon s’alimente dans l’absence ou le déclin des commerces et des services publics de proximité…

  • Prostitution : une loi dans la tourmente (Jas 234)

    3,00

    Il y avait foule pour entrer au Conseil constitutionnel le 22 janvier dernier. L’instance devait trancher une question pour le moins épineuse : faut-il censurer la loi du 13 avril 2016 qui punit les clients des prostituées ? Question épineuse, car sous la noble intention d’aider et protéger les travailleur(se)s du sexe, observateurs, médecins, politiques et associations aboutissent à des préconisations bien différentes.

    Quelle est la loi ?

    Cette nouvelle législation a entériné la pénalisation des clients avec une amende pouvant aller jusqu’à 1 500 euros, voire 3 750 euros en cas de récidive. Avant la loi, c’était les travailleuses du sexe (car il s’agit très majoritairement de femmes) qui étaient passibles de poursuites pour racolage. La loi a aussi initié le principe d’un accompagnement social des travailleuses du sexe dont un dispositif de parcours de sortie de la prostitution, entré en vigueur fin octobre 2016. Une loi que plébiscitent les Français selon un sondage Ipsos de janvier réalisé pour CAP-international (coalition pour l’abolition de la prostitution regroupant 28 associations dans 22 pays). L’enquête montre que 78 % des personnes interrogées estiment que c’est une bonne loi, 78% que la prostitution est une violence (80 % chez les femmes)….

     

     

  • Démographie en berne Roulez vieillesse ! (Jas 234)

    3,00

    “La France vieillit, et c’est tant mieux”, écrivions-nous il y a quelques années dans un dossier consacré aux personnes âgées. En effet, parmi les 66 993 000 habitants que compte notre pays depuis le 1er janvier 2019, selon les dernières données de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee)(1) les plus de 65 ans représentent désormais une personne sur cinq, alors qu’ils ne constituaient que 12,8 % de la population française en 1985. Pour leur part, les plus de 75 ans représentent près d’un habitant sur dix (9,3 %), proportion qui devrait atteindre 15 % de la population à l’horizon 2045. Cette évolution démographique s’explique notamment par une durée de vie des seniors qui a fortement progressé. Leur espérance de vie moyenne est aujourd’hui de 85,3 ans pour les femmes et de 79,4 ans pour les hommes. Au cours des 60 dernières années, les hommes comme les femmes ont gagné en moyenne 14 ans d’espérance de vie. Celle des Françaises en particulier figure parmi l’une des plus élevées de l’Union européenne ! Côté perspectives économique, le vieillissement de la population française semble pour le moins réjouir le milieu des entreprises de vente de biens et de prestations de services. Ces dernières voient en cette France grisonnante l’opportunité de développer de nouveaux marchés grâce à ce qu’il convient désormais d’appeler la Silver économie. Même BPI France, groupe d’investissement financé par l’état et la Caisse des Dépôts en matière de développement économique des territoires, n’hésite désormais plus à rappeler que 54 % des dépenses réalisées par les particuliers sont aujourd’hui effectuées par nos séniors…