Une étude récente du ministère de la Culture appelle à une prise de conscience de la grande fragilité de ce pilier essentiel de la démocratie qu’est la presse d’information. En une décennie, la diffusion de la presse papier a connu une chute spectaculaire. Les ventes quotidiennes ont été divisées par deux, passant d’environ 5,4 millions d’exemplaires en 2015 à 2,7 millions en 2024.
Cette érosion continue fragilise un secteur déjà bousculé par la transformation numérique et la baisse durable des recettes publicitaires. Dans le même temps, les habitudes d’information évoluent profondément, notamment chez les jeunes générations. Les réseaux sociaux et les plateformes vidéo deviennent des sources d’information de plus en plus importantes : près de 40 % des 15-24 ans déclarent désormais s’informer grâce à des créateurs de contenu sur YouTube.
La volonté de se réinventer
Cette évolution modifie profondément les circuits traditionnels de production et de diffusion de l’information, en favorisant des formats plus rapides, plus personnalisés et souvent moins encadrés par les règles du journalisme professionnel. Face à ces mutations, de nombreux titres tentent de se réinventer en développant les abonnements numériques, les newsletters ou les formats vidéo.
Mais l’équilibre économique reste fragile, alors même que la presse demeure un pilier essentiel de la vie démocratique en garantissant une information vérifiée et indépendante. Cette évolution n’épargne pas les publications spécialisées. Le JAS lui-même a été confronté à ces difficultés structurelles, ce qui l’a conduit à adapter son modèle éditorial en faisant évoluer sa parution d’un rythme mensuel vers une revue trimestrielle.
