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  • Citoyenneté : que faire ? (239)

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    Comme le précise Martial Foucault, l’un des auteurs de l’ouvrage cité ci-dessus: “Bien que le vote populiste s’exprime dans diverses directions, souvent opposées, il a un dénominateur commun: la perte de confiance de nos concitoyens”. Non seulement ceux-ci jugent leurs dirigeants impuissants à maîtriser les grands défis que sont la crise de l’emploi, le désastre écologique, la désertification de certains territoires…, mais ils vivent avec la peur de l’autre, du voisin, du migrant, faute de projets communs, de valeurs partagées. “C’est pourquoi, relève Didier Lesueur, directeur général de l’Odas, la définition de nouvelles formes de sociabilité aptes à redonner de la confiance à toute la population, quel que soit son territoire de vie, devrait être une priorité nationale. Et ce n’est pas facile, car un tel mouvement ne peut émaner des seules autorités publiques ou para-publiques. Il doit nécessairement naître des habitants, à travers leurs initiatives et leur désir de vivre ensemble. Restaurer la confiance c’est donc rappeler le rôle incontournable de la citoyenneté, dont il convient d’expliciter le sens.” (…)

  • 115 ne répond plus (Jas 238)

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    Alors que Julien Denormandie, secrétaire d’état du ministre de la Ville et du Logement, s’était illustré en déclarant le 30 janvier dernier qu’il estimait qu’il n’y avait pas plus de cinquante SDF à la rue dans Paris, la nuit de la Solidarité, organisée le 17 février dernier, dénombrait 3 622 personnes encore à la rue dans la capitale. Un constat de plus sur l’insuffisance de notre dispositif, déjà dénoncé il y a 15 ans par la Cour des Comptes dans son rapport sur le Samu Social : “Le Samu social de Paris gère une pénurie à laquelle on paraît se résigner”. Un désastre pour les familles Faudrait-il en conclure que la situation stagne au gré des alternances politiques ? Non “elle empire ! ” s’inquiète Jean-Sébastien Daniel, responsable du 115 de Paris. Dans son minuscule bureau qu’il partage avec deux autres personnes, à Ivry-sur-Seine, il ne cache pas son impuissance. “La situation s’est aggravée depuis 10 ans que je suis en poste ici : les délais de réponse s’allongent, le manque de places s’aggrave et l’embolie du système est telle que certaines familles ont dépassé leur dixième année en hôtel”…

     

  • Gabon : le social en construction (237)

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    INVITE DU MOIS

    Paul Biyoghe-Mba, Président de la Fondation pour la Protection sociale et le Bien-être

    C’est généralement à travers ses difficultés politiques que l’on parle, en France, du Gabon. Or, derrière celles-ci se dessinent des promesses encourageantes pour le renforcement de la solidarité dans ce pays. Deux initiatives ont notamment attiré notre attention : celle de la création par l’état gabonais d’un Samu social, et celle émanant d’une démarche plus personnelle, la création d’une Fondation pour la protection sociale et le bien-être. Et dans les deux cas de figure, un même initiateur, Paul Biyoghe-Mba, qui veut apporter sa contribution à l’amoindrissement des inégalités dans son pays.

  • Désastre écologique : cessons de fuir (237)

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    Quand le vivant s’effondre

    L’annonce est tombée telle un couperet : un million d’espèces sont aujourd’hui en danger. Cette alerte, publiquement lancée le 6 mai par l’IPBES, plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques, est le fruit d’un travail inédit mené par quelque 145 experts issus de 50 pays durant trois années. Trois années à passer au crible plus de 15 000 publications scientifiques et données gouvernementales afin de pouvoir consigner leurs conclusions dans un rapport de 1 800 pages. Pour Robert Watson, président de l’IPBES, le diagnostic est sans appel. Selon lui, la destruction de la biodiversité et des services écosystémiques a atteint des niveaux qui menacent notre survie. Et le plus effrayant de tout cela est la rapidité du mouvement dévastateur. Ainsi, en juin 2015, la revue Science Advances alertait sur le fait que les disparitions d’espèces ont été multipliées par 100 depuis 1950. Plus récemment, l’édition 2 018 du rapport (…)

     

  • Territoire zéro chômeur : l’expérience a fait ses preuves (236)

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    Rappelons que c’est un véritable changement de paradigme qu’a provoqué la loi du 29 février 2016 relative à l’expérimentation territoriale, visant à résorber le chômage de longue durée. En effet il s’agit de tester un certain nombre de postulats nouveaux sur l’emploi, comme “personne n’est inemployable, pour peu que l’emploi soit adapté”, “si les emplois manquent, ce n’est pas en revanche le travail qui manque face à un nombre considérable de besoins non satisfaits”, “le coût d’un chômeur est supérieur à celui d’un Smic”, et “il faut donc mobiliser les coûts du chômage pour financer des emplois sur des activités nouvelles”. Le législateur a donc repris à son compte les arguments de Laurent Grandguillaume, président de Territoires zéro chômeur de longue durée (voir l’interview ci-contre), qui a pu lancer son expérience. Son association a pu ainsi s’engager dans dix régions de France, avec la création de dix “Entreprises à but d’emploi” (EBE). La première a ouvert ses portes en janvier 2017 à Mauléon dans les Deux-Sèvres…

     

  • Fonction publique : Réformer pour innover (236)

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    Assouplir les règles de recrutement Le projet de réforme peut paraître utile lorsqu’il cherche à “diversifier les viviers de recrutements”. En effet, la fonction publique pourra embaucher davantage de contractuels, qui n’ont pas le statut de fonctionnaires et qui représentent déjà environ 20 % des effectifs (900 000 CDD sur 5,5 millions d’agents publics). Et plus précisément encore, pour “s’adjoindre de nouvelles compétences issues du privé commercial et associatif”, ces nouveaux contractuels auront notamment accès aux emplois de direction de l’état, des collectivités territoriales et des établissements de la fonction publique hospitalière. Par ailleurs, en ce qui concerne les postes à haute responsabilité, qui jusqu’à présent étaient majoritairement réservés aux énarques, sur le modèle du secteur privé, un nouveau type de contrat à durée déterminée est créé : le “contrat de projet” pour des missions spécifiques. Il est valable pour une durée qui peut aller d’un an à six ans. Enfin, le projet prévoit également des mesures pour renforcer la mobilité au sein de l’administration, avec même la possibilité d’un détachement d’office c’est-à-dire autoritaire. Ces diverses propositions mériteraient donc d’être analysées avec bienveillance, car la diversification des profils des cadres de l’administration ne peut qu’impacter favorablement la capacité d’innovation des collectivités publiques…

  • Une formation hybride contre la radicalisation (JAS 235)

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    La radicalisation religieuse, et tout particulièrement ces dernières années la radicalisation islamiste, est un phénomène que les pouvoirs publics peinent à appréhender. Une radicalisation qui, dans le moins mauvais des cas, est le terreau du communautarisme et, dans le pire des cas, la racine des attentats qui secouent régulièrement le monde et la France en particulier ces dernières années. “Comment mobiliser dans notre société les anticorps qui permettent de réagir ? questionne Muriel Domenach, secrétaire générale du Comité interministériel pour la prévention de la délinquance et de la radicalisation. Nous devons abandonner l’espoir irréaliste d’une déradicalisation, au sens de la déprogrammation ou de la reprogrammation, d’un être humain. Cela ne fonctionne pas”. Puisqu’intervenir après le basculement dans une idéologie mortifère est, en effet, complexe, il faut, selon l’expression, “prendre le mal à la racine”. C’est l’approche qu’a initiée avec discrétion et humilité, la Faculté libre d’études politiques et en économie solidaire, Flepes-Initiatives, en partenariat avec la Faculté de théologie protestante (FTP) de l’Université de Strasbourg et l’association strasbourgeoise SOS Aides aux Habitants (voir encadré)…

  • Désarroi des Français : le travail social à la rescousse (JAS 235)

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    Dans un article publié dans Ouest-France le 12 mars 2019, Pierre Méhaignerie, maire de Vitré, rappelle que : “Après le pain et l’eau, le plus grand besoin de la personne c’est le besoin de considération. Ce sentiment de n’être rien aux yeux des élites, ces impressions de dévalorisation, constituent les éléments dominants dans la crise des Gilets jaunes”. Et Pierre Méhaignerie n’est pas le seul à le penser. Au-delà d’une demande de plus grande justice fiscale et sociale, le mouvement des gilets jaunes exprime un fort besoin de reconnaissance et de dignité, de la part de salariés modestes et de retraités à faibles revenus ayant en commun le sentiment de ne plus être entendus par les pouvoirs publics. Des constats partagés Et il est vrai que le mouvement des Gilets jaunes s’appuie sur des faits objectifs. Pour la première fois depuis la Deuxième Guerre mondiale, le pouvoir d’achat a stagné sur une longue période de dix ans. Tandis que pour les Français vivant dans le monde rural et en périphérie des grandes villes, le sentiment d’abandon s’alimente dans l’absence ou le déclin des commerces et des services publics de proximité…