Le Mouvement associatif, qui regroupe des collectifs et fédérations représentant près de la moitié des associations en France, a procédé à une vaste enquête auprès de 5 000 structures sur leur santé financière.
Une précarisation budgétaire qui augmente
Les résultats de cette enquête, en termes de solidité financière, sont alarmants : plus précisément, selon l’enquête, au mois de mars la moitié des associations qui avaient fait une demande de subvention pour 2025 étaient toujours en attente de la réponse. 6% avaient déjà obtenu un refus. Enfin, parmi celles qui avaient obtenu des subventions, 45% de celles-ci étaient en baisse par rapport à 2024 (et 20 % « fortement » en baisse).
Ceci implique des conséquences inquiétantes sur la survie des associations. Un tiers des associations employeuses n’ont en effet pas plus de trois mois de couverture financière en cas de problème, et face à cette fragilisation de leur fonctionnement, 32 % d’entre elles envisagent de réduire leur masse salariale. Le Mouvement associatif rappelle que 11% des salariés en France travaillent dans des structures associatives.
Les structures non employeuses sont elles aussi extrêmement fragilisées par l’assèchement de leurs ressources. Entre disparition des subventions publiques, complexification des procédures qui augmentent les délais, et inflation des coûts des activités, leur survie ne tient souvent qu’à un fil.
En ce qui concerne les associations caritatives, qui ont la particularité de dépendre de dons de particuliers, ceux-ci se maintiennent et même augmentent très timidement (1,9 % d’augmentation en 2024 d’après le baromètre de France Générosité), mais cela ne compense pas l’augmentation des besoins et des coûts. Certes, en cas d’événement urgents, comme le cyclone Chido à Mayotte, on dénote une mobilisation exceptionnelle des donateurs, mais parfois au détriment de leur générosité pour le fonctionnement courant.
Une difficulté croissante pour la gouvernance
En parallèle, France Bénévolat a publié au mois de mars 2025 son dernier baromètre du bénévolat, analysant les réponses de 6 337 personnes âgées de 15 ans et plus. L’étude rappelle que le bénévolat associatif concerne 21 % de la population, tous âges confondus.
Si les résultats montrent une très légère progression du bénévolat associatif chez les moins de 35 ans entre 2019 et 2025 (+1 point), les bénévoles plus âgés ont tendance quant à eux à diminuer : – 4 points pour les 35-49 ans, -2 points pour les 50-64 ans, et -7 points pour les plus de 65 ans. Cette dernière donnée ne manque pas d’inquiéter, car l’engagement bénévole des séniors a toujours représenté une ressource essentielle pour les associations, en matière de disponibilité, d’ancienneté.
Cette particularité explique leur importante participation dans les fonctions d’encadrement des activités, qui concernent 40% des séniors. Et en particulier, les postes de gouvernance des associations, où les séniors sont aussi surreprésentés.
L’étude remarque une bascule importante dans les aspirations des bénévoles et potentiels bénévoles : les personnes souhaitent toujours autant s’impliquer, mais en gardant la maîtrise de leur temps.
Ce qui se perçoit sur la progression du bénévolat hors champ associatif et du bénévolat ponctuel. Ce changement des attitudes marque une nouvelle distribution des tâches, au détriment de la gouvernance associative, considérée comme chronophage et peu gratifiante.