POLITIQUE DE LA VILLE : jugement critique de la Cour des Comptes

C’est un sévère réquisitoire que vient de dresser la Cour des Comptes sur la politique de la ville dans les quartiers prioritaires. La Cour relève notamment que « en dépit des moyens financiers (10 milliards d’euro chaque année) et humains déployés, l’attractivité de ces quartiers a peu progressé ». Et ces quartiers prioritaires ont au contraire connu un important repli économique et commercial, et les dispositifs des emplois francs se sont avérés peu efficaces alors que les activités illicites prospèrent. Seul le processus de rénovation urbaine a été efficace, mais les moyens déployés par l’Etat en termes de sécurité, de propreté, d’aide à la petite enfance ou de transports, continuent d’être insuffisants. Ces carences favorisent la paupérisation grandissante de ces territoires de même que l’absence d’une politique d’attribution des logements sociaux adaptée. En effet les populations les moins défavorisées quittent ces quartiers dès qu’elles en ont les moyens et elles sont remplacées par les familles les plus précaires. Enfin, l’empilement de dispositifs illisibles et souvent contradictoires nécessite une restructuration générale de la politique de la ville.